
Alors que la transition énergétique mondiale fait exploser la demande de cobalt, les « creuseurs » du Lualaba continuent de payer le prix fort. Entre précarité sécuritaire et violations des droits humains, madini.cd a plongé dans le quotidien des mines artisanales de Kolwezi. Une réalité loin des discours officiels sur la « mine responsable ».
À perte de vue, des montagnes de remblais et des silhouettes poussiéreuses s’activent sous un soleil de plomb. Nous sommes à Kolwezi, la capitale mondiale du cobalt. Ici, l’extraction artisanale fait vivre des milliers de familles, mais à quel prix ?
Selon nos observations sur le terrain, les conditions de sécurité restent rudimentaires. Sans équipements de protection individuelle (EPI) adéquats, les mineurs s’enfoncent dans des galeries instables dépassant parfois les 30 mètres de profondeur. « Nous savons que c’est dangereux, mais c’est notre seule survie », confie Jean (nom d’emprunt), un creuseur rencontré sur le site de Kasulo.
Au-delà des risques physiques, l’enquête révèle des failles majeures dans la chaîne d’approvisionnement :
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Arbitraire des prix : Les comptoirs d’achat imposent souvent des prix déconnectés des cours mondiaux.
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Travail des mineurs : Malgré les interdictions, la présence d’adolescents sur les sites de lavage reste une réalité persistante.
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Expulsions forcées : L’extension des concessions industrielles menace quotidiennement les quartiers résidentiels limitrophes.
madini.cd continuera de documenter ces abus pour que le métal qui alimente nos smartphones ne soit plus synonyme de souffrance humaine.



