
L’or bleu du Congo se meurt. Dans les provinces minières du Sud-Katanga, les rejets de métaux lourds dans les cours d’eau locaux condamnent des écosystèmes entiers et empoisonnent les populations riveraines. madini.cd a enquêté sur l’impunité environnementale de certaines multinationales.
L’eau de la rivière est devenue une boue ocre, visqueuse et stérile. Autrefois source de vie pour les villages environnants, la rivière Cafundwa subit de plein fouet les conséquences de l’intensification de l’activité minière.
Lors de notre passage, les habitants ont partagé des témoignages alarmants sur la dégradation de leur environnement quotidien :
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Pollution des sols : Les rendements agricoles se sont effondrés à cause de l’acidification des terres irriguées par des eaux contaminées.
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Problèmes de santé : Une hausse des maladies cutanées et des infections respiratoires est rapportée par les centres de santé locaux, touchant principalement les jeunes enfants.
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Accès à l’eau potable : Avec des puits pollués, les femmes doivent désormais parcourir des kilomètres supplémentaires pour trouver une source saine.
« Nous voyons les camions de minerai sortir tous les jours, mais la seule chose qu’ils nous laissent, c’est une terre où plus rien ne pousse », déplore une mère de famille de la chefferie locale.
Le Code Minier congolais prévoit pourtant des normes strictes de gestion des déchets, mais l’application de la loi reste le maillon faible. Entre corruption et manque de moyens de contrôle, les entreprises opèrent souvent dans un flou juridique qui sacrifie l’écologie sur l’autel du profit.




