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Ituri : L’Or du Sang – Quand les Mines Deviennent le Moteur des Groupes Armés

Dans la province de l'Ituri, riche en or, les sites miniers sont devenus des enjeux stratégiques pour les groupes armés. Loin du contrôle de l'État, ces milices exploitent illégalement les ressources pour se financer, perpétuant un cycle de violence dévastateur pour les populations locales. madini.cd a mené une enquête exclusive aux frontières du chaos.

Corps de l’article : Le sol de l’Ituri regorge d’or. Mais pour les habitants, cette richesse est une malédiction. Dans cette province en proie à l’insécurité chronique, les sites d’extraction artisanale sont tombés sous la coupe de divers groupes armés. Pour ces milices, contrôler une mine, c’est s’assurer un financement durable pour acheter des armes, recruter des combattants et maintenir leur emprise sur le territoire.

Nos reporters ont pu s’approcher de certains de ces sites, opérant dans des zones « rouges ». Le mode opératoire est souvent le même :

  • Taxation illégale : Les mineurs artisanaux sont contraints de verser une part importante de leur production aux groupes armés en échange d’une « protection » illusoire.

  • Travail forcé : Dans certains cas, les populations locales sont réduites au travail forcé sous la menace des armes.

  • Pillages et violences : Les communautés vivant à proximité des mines sont régulièrement victimes de pillages, d’extorsions et de violences sexuelles, utilisées comme armes de guerre pour semer la terreur.

L’« or du sang » de l’Ituri emprunte des circuits de contrebande complexes vers les pays voisins, blanchissant ainsi son origine illégale avant de se retrouver sur le marché mondial. Malgré la présence des Forces Armées de la RDC (FARDC) et de la MONUSCO, l’État peine à reprendre le contrôle de ces zones stratégiques.

Tant que l’extraction minière sera contrôlée par les armes, la paix en Ituri restera un horizon lointain.

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