
KOLWEZI – Alors que la demande mondiale pour les batteries électriques explose, une réalité bien plus sombre se cache dans les entrailles de la province du Lualaba. Entre galeries artisanales instables et opacité des chaînes d’approvisionnement, madini.cd a plongé au cœur d’un système où l’humain semble souvent passer après le profit.
Un quotidien au péril de la vie
À bout de bras, munis de simples pelles et de barres de fer, des milliers de « creuseurs » s’enfoncent chaque jour dans des puits de fortune. Ici, les normes de sécurité sont quasi inexistantes. Selon nos sources sur place, plus de dix éboulements ont été signalés au cours du dernier mois, laissant des familles dans le deuil et le silence.
« Nous savons que c’est dangereux, mais que faire d’autre ? La terre contient la richesse, mais nos poches restent vides », confie Jean-Pierre, un mineur artisanal rencontré à proximité de Kolwezi.
L’opacité des contrats miniers
Au-delà des conditions physiques, c’est le cadre juridique et financier qui inquiète les observateurs. Malgré les réformes successives du Code Minier, la redistribution des revenus vers les communautés locales reste un mirage. madini.cd a pu consulter des documents indiquant des écarts majeurs entre les volumes exportés et les redevances réellement perçues par la province.
Les points clés de notre enquête :
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Sécurité défaillante : Absence d’équipements de protection individuelle (EPI) pour 80% des creuseurs artisanaux.
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Impact environnemental : Contamination des nappes phréatiques par les résidus de traitement acide.
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Transparence : Difficulté d’accès aux contrats signés entre l’État et certaines firmes internationales.
Vers une traçabilité réelle ?
Face à la pression internationale, des initiatives de « cobalt responsable » voient le jour. Cependant, sur le terrain, l’impact de ces certifications peine à se faire sentir. Pour madini.cd, l’heure n’est plus aux promesses, mais à une surveillance citoyenne accrue.




