
C’est un cri silencieux qui monte des plaines de la province du Lualaba. Derrière les chiffres records de production de cuivre et de cobalt, une autre réalité se dessine : celle de milliers de familles dépossédées de leurs terres ancestrales et agricoles par l’expansion inexorable des concessions minières industrielles. L’image que nous avons générée ci-dessus capture ce moment critique, où un couple de villageois regarde, impuissant, le gigantisme d’une mine à ciel ouvert engloutir ce qui était autrefois leur champ, à quelques mètres seulement de leurs habitations menacées.
Des promesses de relocalisation non tenues
L’enquête menée par madini.cd a visité plusieurs « cités de relocalisation » construites à la hâte par des consortiums miniers internationaux. Les conclusions sont accablantes. Là où les entreprises promettaient des infrastructures modernes et des habitations dignes, les communautés font face à des logements insalubres, un accès limité à l’eau potable et l’absence d’écoles ou de dispensaires fonctionnels. « Ils nous ont pris nos terres fertiles pour nous donner des maisons en parpaings où le toit fuit à chaque pluie. Nous n’avons plus de quoi cultiver pour nourrir nos enfants », témoigne Maman Agnès, habitante d’une de ces cités près de Kolwezi.
Les accords de compensation sont souvent opaques, signés sous pression et sans véritable consultation des chefs de communauté ou des familles affectées. Les sommes d’argent proposées sont dérisoires face à la perte perpétuelle de revenus agricoles et de sécurité alimentaire.
Un cycle de pauvreté perpétué
Le déplacement forcé sans compensation juste crée un cycle de pauvreté dévastateur. Privés de leurs champs, les hommes et souvent les femmes n’ont d’autre choix que de se tourner vers l’exploitation minière artisanale, se retrouvant ainsi à nouveau dans le cycle d’insécurité que nous dénoncions dans nos précédents articles.
« C’est une spoliation pure et simple. On sacrifie le droit à la terre de milliers de Congolais sur l’autel du profit des multinationales, avec la complicité passive de certaines autorités. » — Analyste indépendant interrogé par madini.cd.
Un appel à la justice foncière
Face à cette situation, madini.cd réaffirme sa mission. Nous continuerons à documenter ces spoliations foncières, à exposer les noms des entreprises responsables et à porter la voix des communautés oubliées. La richesse du sous-sol de la DRC ne doit pas se faire au détriment de la dignité et des droits fondamentaux de son peuple




